Interview

Leekens : «La révolution en sélection, il fallait la faire tout de suite après la CAN»

«Durant des années vous avez fait n’importe quoi et c’est Leekens maintenant que vous avez trouvé comme seul responsable de l’élimination !»

Auteur : Said F. samedi 16 septembre 2017 11:14

L’ancien sélectionneur national, George Leekens, qu’on a eu au téléphone hier, a accepté de répondre à nos questions et nous donner son avis sur la situation actuelle que connaît la sélection nationale.

 

L’Algérie s’est inclinée en aller et retour devant la Zambie. Cela vous a surpris ?

Oui, bien sûr. Je ne m’attendais pas à ce que l’Algérie perde les deux matchs. Certes, la Zambie a une bonne équipe, mais ce n’est pas le Nigeria. Que l’Algérie s’incline au match aller, ok, je peux comprendre, mais qu’elle se fasse battre à domicile, c’est bizarre. Ceci-dit, ces deux défaites prouvent que le problème de la sélection algérienne ce n’est pas l’entraîneur. Le mal est sans doute plus profond.

Le sélectionneur national, Lucas Alcaraz, a indiqué qu’il n’était pas responsable de cette élimination de la course au prochain Mondial, assurant avoir hérité d’une situation déjà compliquée. En Algérie, beaucoup estiment que la défaite que nous avons concédée sous vos ordres au Nigeria avait déjà compromis toutes les chances de qualification. Qu’avez-vous à dire ?

Durant des années vous avez fait n’importe quoi et c’est Leekens maintenant que vous avez trouvé comme seul responsable. Ceux qui disent que c’est à cause de moi que l’Algérie ne jouera pas le prochain Mondial ne connaissent rien au football et ne connaissent pas ma valeur non plus. N’oubliez pas que je suis venu dans un contexte difficile. J’étais venu pour aider. On ne m’avait pas donné de cadeaux. Je l’ai toujours dit, le problème de la sélection algérienne réside dans sa défense. Il faut du temps et beaucoup de travail pour mettre en place une équipe bien équilibrée. Il y a certes de la qualité avec des joueurs comme Mahrez, Slimani, Hanni et autres, mais ça ne suffit pas. Après ce match face au Nigeria, on est partis jouer la CAN. Il y a eu Mahrez qui a reçu son Ballon d’Or à la veille du départ (ndlr, il était parti à Abuja au Nigeria) ce qui n’était pas l’idéal, mais bon, bref…

 Donc, le problème selon vous, ce sont les joueurs ?

Non, pas uniquement les joueurs. Pour ma part, je ne suis pas resté longtemps en poste pour que je mérite autant de critiques. Je suis un entraîneur de haut niveau et je connais parfaitement mon métier. Halilhodzic par exemple a eu le temps pour faire son travail. Il a raté une CAN (2013) mais il est resté. Il a mis en place une nouvelle équipe. Moi, je ne suis pas un magicien, mais dire que c’est ma faute cette élimination de la course au Mondial alors que je ne suis resté que trois mois, c’est très facile.

Le président de la FAF, Kheïreddine Zetchi, a déclaré que quatre à cinq joueurs allaient être écartés du prochain stage. Il a assuré qu’il allait faire une révolution au sein de la sélection. Êtes-vous d’accord avec sa démarche ?

Je pense que c’est l’entraîneur qui doit établir déjà un plan de travail. Faire une analyse approfondie avant de prendre les bonnes décisions. Il faut aider cette sélection à retrouver un bon état d’esprit. Avant de parler de joueurs à écarter, il faut voir l’état du football local. Si je ne me trompe pas, l’Algérie a été éliminée par la Libye et ne disputera pas le CHAN 2018. Il faut donc se remettre en question avant tout. Sinon, j’estime qu’il fallait déjà faire des changements après la CAN.

Donc selon vous, cette révolution devait avoir lieu déjà après la précédente CAN ?

Oui, c’est sûr. Moi, après la CAN, j’ai présenté ma démission au président de l’époque. Tous les membres du staff ont été limogés. Moi, je pensais que ça allait être dès lors le début d’une nouvelle ère. Apporter des changements, reconstruire une équipe solide avec la nomination d’un nouveau coach. C’est pour cette raison que j’ai démissionné. Certains cadres n’y étaient plus et il fallait redonner un nouvel état d’esprit à l’équipe.

Raïs Mbolhi a déclaré après la Zambie que déjà à la CAN, des joueurs ne se donnaient pas à fond. Vous êtes d’accord ?

Je ne sais pas. Après, c’est vrai que dans les duels, on n’y était pas. Ça manquait de combat. Raïs parlait de ça sans doute. De là, je pense qu’il était important d’apporter un nouveau souffle à l’équipe. Personnellement, je suis déçu que personne ne m’ait pas appelé pour avoir des informations. J’ai quand même l’expérience d’avoir dirigé trois sélections nationales.

Vous auriez aimé qu’Alcaraz prenne attache avec vous pour avoir plus d’informations ?

Oui et je dirai même le président de la FAF. J’aurais aimé apporter mon aide vu que je connais le groupe. Je me suis beaucoup investi dans ma mission même si au final, je n’ai pas eu le temps nécessaire. À mon avis, il fallait faire une réunion après la CAN pour faire un état des lieux et lancer une réflexion. Une analyse de fond devait se faire pour cibler les faiblesses et les défauts de l’équipe et pouvoir ainsi repartir sur des bases solides.

Publié dans : Leekens

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